Emmanuel Rioufol / extrait de l’installation R(hOMe)ANIA – épreuve aux sels d’argent, 24X30cm – exemplaire unique

111 photographies en noir et blanc, notes de voyages personnelles tirées de manière empirique : mémoire partielle  et provisoire de 12 ans de séjours en Roumanie (1991-2002)

58 photographies empruntées à Gheorghe Gheorghiu, choisies et photocopiées sur des formats A3 et A4 à Bucarest en juillet 2002 : mémoire partielle d’une vie en Roumanie (1948-2002)

456 documents imprimés et photographiques : mémoire partielle d’un siècle en Roumanie

2500 épingles.

12 ans, dix voyages.

Fragments de mémoire que l’on fait circuler d’une frontière à une autre, fragiles comme des papillons.

Poussières confidentielles ou publiques.

Visions troubles et accidentées par des milliers de kilomètres sur des routes improbables.

Confusion, fatigue, désordre, troubles, …

Mémoire empruntée, mémoire personnelle, mémoire collective ou industrielle, mémoire d’inconnus que l’on troque, que l’on achète, que l’on déplace, que l’on transforme ou que l’on use jusqu’à sa dissolution définitive et irrévocable, enfin.

Relativité tout court et relativité des images.

Forme plastique en perpetuel devenir, R(hOMe)ANIA peut s’apparenter au Mnémosyne de l’historien d’art Aby Warburg. L’installation fonctionne par résonances, sorte d’atlas d’images qui par leur simple mise en correspondance suggère l’absurdité d’une lecture univoque d’un pays. Quel rapport existe t-il entre la grande et la petite histoire, l’intime et la référence, entre mes photographies et celles empruntées aux souvenirs d’un homme, entre une carte postale des années 70 et un ticket de rationnement alimentaire ?

Qu’est ce qui fait qu’une image survive et devienne trace d’une culture ?

 

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